Il a 25 ans et c’est probablement le seul vigneron de France à se rendre dans sa vigne avec un Pass Navigoet à la bichonner avec vue sur la Tour Eiffel. Antoine Chopin, à la formation et l’expérience en viticulture déjà solides, a été recruté par la ville de Suresnes pour prendre soin des 4 800 pieds de la vigne municipale, plantés sur les pentes du MontValérien. Ce Parisien de naissance qui s’est destiné à l’âge de 20 ans à la viticulture, s’attendaitlogiquement à poser ses bagages professionnels en province… Jusqu’à ce qu’il tombe sur l’annonce passéepar Suresnes.

Ancien élève du lycée Henri IV, Antoine doit sa passion pour le vin à ses parents, amateurs éclairés, et son grand père «chimiste de profession mais qui exploitait quatre hectares de vigne à Villié-Morgon (Beaujolais) ». De là, sans doute, son tropisme pour la Bourgogne voisine. « Ce qui m’a très vite intéressé c’est la rencontre entre l’agronomie et la culture, entre la viticulture et le patrimoine ».Un profil doublement fait pour Suresnes, dont le vignoble aujourd’hui replanté à 80% de Chardonnay, cépage bourguignon par excellence, remonte au 3ème siècle de notre ère et orne le blason de la ville.

Après avoir intégré l’Institut national agronomique en 2005, il part à Montpellier faire une spécialisation d’ingénieur en viticulture-œnologie. De 2007 à 2009, il enchaine ensuite les expériences terrain dans des domaines prestigieux :un an de stages au Château Gazin (Pomerol), au domaine Leflaive (Puligny-Montrachet), puis des contrats de vinifications au domaine Carrick (Nouvelle-Zélande) et au domaine Faiveley (Mercurey).

Depuis le mois dernier il a pu se familiariser avec la vigne qui fait la fierté de la commune et prendre en charge son entretien. « Pour l’instant je n’ai fait que la taille, mais à partir d’avril tout va s’accélérer. Quand elle poussera il faudra procéder à l’ébourgeonnage, appliquer des traitements éventuels et beaucoup surveiller jusqu’aux vendanges ». Auparavant il aura procédé, après filtration, à la mise en bouteilles du 2009, à ce jour encore en cuves. « Je l’ai goûté et ce millésime m’a très agréablement surpris… ».

Objet d’améliorations constantes, la vigne de Suresnes avait produit, selon le critique gastronomique Perico Legasse, responsable de la vinification à la Confrérie du vin de Suresnes, un millésime 2008 au « fruité tirant sur les agrumes, le chèvrefeuille, l’amande fraiche »,et aux « délicats arômes de mirabelle bien mûre ».

A l’instar du célèbre chroniqueur, de grands œnologues (comme Jacques Puisais) ou des

viticulteurs renommés (Michel Mallard ou Henri Marionnet) ont prodigué leurs conseils pour améliorer la qualité du vin de Suresnes qui est aujourd’hui le seul d’Ile de France autorisé à la vente. « Avec l’aide de l’Institut français du vin nous avons entamé des démarchesafin d’obtenir le nouveau label d’Identité géographique protégée », souligne Jean-Louis Testud, adjoint au maire de Suresnes, en charge des vignes depuis 1983.

Cheers !

Article écrit par Sacha.